Le Château de Bramafam
Le château des vicomtes de Challant, bâti sur une porte de la ville romaine

Au sud-ouest du centre d’Aoste, une grosse tour ronde et un haut bâtiment en ruine bordent la rue. C’est le château de Bramafam. Il a été pendant un siècle le siège du pouvoir des Challant dans la ville.
Sur une porte romaine
Le château n’est pas sorti de nulle part. Il a été bâti sur la porta principalis dextera, l’une des portes de l’enceinte romaine d’Augusta Praetoria. À la fin du XIXe siècle, des travaux ont mis au jour la voie romaine et des objets antiques. On voit encore des pierres romaines au pied de la tour.
La demeure des vicomtes
Au Moyen Âge, les vicomtes d’Aoste, ancêtres de la famille de Challant, transforment la vieille porte en château. Au début du XIIIe siècle, on parle de la « tour Béatrix », peut-être du nom de Béatrice de Genève, épouse d’un Challant. Le château sert de résidence, mais aussi de tribunal et de grenier public. En 1295, Ebal Ier de Challant cède la vicomté au comte Amédée V de Savoie, en échange du fief de Montjovet. Bramafam perd alors son rôle. Au XVIe siècle, il est déjà en ruine.
Un nom qui crie famine
En patois, « bramé la fam » veut dire « crier famine ». Deux histoires expliquent ce nom. Selon la première, pendant une disette, les habitants affamés venaient sous la tour réclamer le grain qui y était stocké. Selon la seconde, plus sombre, un Challant jaloux y aurait fait mourir sa femme de faim.
Une tour et un logis
Le château se compose d’un grand logis rectangulaire et d’une tour cylindrique, couronnée de créneaux. Au nord, on remarque des fenêtres géminées. L’entrée principale, à l’ouest, a un portail en arc. Un pont-levis la protégeait autrefois.
Pour le voir
Château de Bramafam
Via Bramafam, angle viale Carducci
11100 Aosta (AO)
Le château ne se visite que de l’extérieur, pour des raisons de sécurité. On en fait le tour librement, en suivant le rempart romain à pied depuis le centre.

Photo principale : Patafisik, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Cartes : réalisation personnelle de Marc Badjou.



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